Tout
le monde, ou presque, connaît les origines du 3000
m steeple. Comme pour de nombreuses épreuves de
l'athlétisme moderne, les racines de cette course
à obstacles se retrouvent en grande Bretagne. A
l'époque, des courses de chevaux, appelées
" steeple-chase " se disputaient de village
en village dans les campagnes anglaise, écossaise,
galloise et irlandaise. Dans les années 1850, pour
se lancer un défi, des étudiants de l'université
d'Oxford décident d'organiser une compétition
équivalente à un steeple-chase hippique
avec des murs de pierre, barrières de bois et rivières
d'eau glacée. Ce jour-là, des étudiants
un peu cabochards remplacent donc les chevaux sur une
distance d'environ 2000 yards. Rapidement, ce type de
course se popularise auprès du grand public et,
en 1879, la première compétition de steeple
est inscrite aux championnats de Grande-Bretagne d'athlétisme.
Le 2500 m steeple est même intégré
au programme officiel des Jeux Olympiques, à Paris,
en 1900. Remplacé par le 3218 m steeple en 1908,
il deviendra le 3000 m steeple aux JO de 1920, à
Anvers. Le principe de la barrière de bois (91,4
cm pour les hommes et 76,2 cm pour les femmes) avec une
rivière a survécu. Voilà pourquoi
il y a encore une fosse pleine d'eau sur 3000 m steeple.
Résultat : aujourd'hui encore, l'une des cinq haies
est suivie d'un fossé rempli d'eau, que les coureurs
doivent franchir. D'une longueur de 3,66 m et d'une profondeur
de 70 cm au niveau de la haie, ce fossé que l'on
appelle avec grandiloquence une " rivière
" se rétrécit progressivement jusqu'au
niveau de la piste à son extrémité.
" le fond du fossé devra être recouvert
d'une surface synthétique ou d'une paillasse d'une
épaisseur suffisante pour assurer une bonne réception
et pour que les pointes adhèrent d'une façon
satisfaisante, explique la règle 169, alinéa
6, du manuel des Règles de compétition de
l'IAAF. Au départ d'une course, la surface de l'eau
doit être au niveau de la piste avec une tolérance
de 2 cm ". Après les passages plus ou moins
assurés des athlètes, ce niveau d'eau baisse
sensiblement.
Source : P. MIQUEL Athlétisme Magazine